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En Culture Buissonnière

QIPAO

Le terme n’est pas tout à fait juste et pourtant cette robe qui enveloppe parfaitement la silhouette se confond à l’histoire d’une partie de l’Asie. Le Vietnam pour être précis. Le curseur, arrêté sur l’échelle historique, aux boat peoples qui fuient le Vietnam du sud… La guerre perdue par les américains et leur allié, engrosse la littérature et le cinéma.

Un homme, auteur, Vu Tran prend la plume comme d’autre leur révolver. Il y a chez cet auteur, dont c’est le premier livre, comme un revers de l’histoire. L’indispensable retour aux racines du mal.

L’aventure peut commencer. Viet du Sud. 

L’ombre d’une histoire à la couleur du polar, un noir soyeux, proche d’une politique accordée au son des pales d’hélicoptères, rappelant l’apocalypse. Le Sud, naturellement,

la fuite. Et la reconstruction dans le désordre mafieux.

« Disparue à Las Végas » nous conte les disparitions et le renaissance au pays de l’Oncle Sam. Des alliés d’un temps, qui semblent si lointain, qu’on est en droit de se poser la question sur leurs existences. Les images tourbillonnent dans un noir et blanc sale. L’œuvre écrire s’apparente à une peinture fluctuante de l’école vietnamienne (Hôi An) , silhouettes visibles sans pour autant être distinctives. Une représentation ‘vaporeuse » des individus, de leurs démarches, de leurs volontés. Il y a dans le livre de Vu Tran, ces traces picturales qui rend le roman si particulier.

D’ailleurs, l’idée même, que l’histoire se passe à Las Vegas n’est pas un hasard, naturellement, lorsque l’on connaît le cheminement de l’auteur.

Né à Saigon en 1975  -  année de la fin de la guerre  -  Il a grandi dans l’Oklahoma avant de rejoindre adulte Chicago et son université ou il est prof de « Creative Writing »…

Quelle autre ville pour signer, sinon la perdition de soi, au moins, indiquer l’entrée du purgatoire pour les autres ?  Autre naufrage, mental celui-là. En néon et ruelles, poussières et désert. La recherche du passé au travers le regard oublié de Suzy, à la manière d’un fleuve que l’on remonte sans en connaître la source.

Un lyrisme occidental dont les signes d’un Vietnam fantasmé (celui de la guerre) restent, ses cailloux blancs oubliés dans la mémoire du citoyen. On ne se débarrasse pas de la guerre comme cela. Les empreintes collent à la peau et les truands vietnamiens ne sont pas ceux du Nord, mais les alliés du Sud… 

Robert le héros reste en contre jour, à la recherche de sa femme, Suzy. Point d’ancrage du roman qui n’est pas seulement un polar de plus, mais aussi et surtout, le bouquin de l’été qui vous prend à la gorge.

Si vous étouffez, c’est normal. La puissance du verbe, la traduction de Nathalie Bru sont les témoignages de la qualité du roman.

Une œuvre littéraire dont on pourrait aisément la comparer à un tableau de l’école  picturale de Hué. Tableau contemporain d’une situation hérité du passé.

C’est aussi cela le talent de Vu tran, oser la couleur, et travailler les mots comme d’autre la matière.

La chaleur aidant, compagne littéraire. Il vous reste à découvrir cet auteur.

 

 

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Un roman pour l’été

R    E    G    A    R    D    E    Z       L    E    S      H    O    M    M    E    S       D    A    N    S    E    R