Ils sont tous là… Comme un comité qui n’en finit pas de se réunir pour on ne sait quel projet révolutionnaire ? Les  Parnassiens attablés, comme des mercenaires du mot. Amoureux de l’Art pour l’Art. Ils se revendiquent de l’avant-garde d’alors.  Figés dans l’instant d’un repas par Fantin-Latour.

De gauche à droite, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Elzéar Bonnier, Léon Valade, Emile Blémont, Jean Aicart, Ernest d’Hervilly, Camille Pelletan…

Une belle brochette qui, au font, représente bien ce moment artistique et pictural et donc, cette exposition que l’on peut découvrir au Musée du Luxembourg.

Le sombre comme la lumière s’invite en cette fin d’été. A la manière d’ailleurs, bien sentie, de la scénographie d’Etienne Lefrançois et Emmanuelle Garçia… Il y a comme un leitmotiv historique qui s’invite dans la transparence des temps.

Une première depuis 1982.

Cette rétrospective met en lumière (si je peux me permettre) des œuvres qui vont au-delà de l’académisme entretenu  -  déceler la modernité dans le conventionnel n’est pas mal non plus  - , offrant au visiteur des travaux imaginatifs.  Une double personnalité de l’artiste qui pourtant dans la discrétion, se fond dans la reconnaissance.

Une exposition qu’il faut voir en trainant les pieds, n’hésitant pas à revenir sur ses pas, à flirter avec  une Nature morte dites « des fiançailles » ou interroger de face « La Lecture » comme pour mieux se regarder en face. Les interrogations nous questionnent. Serions-nous face au Sphinx ?

A gratter de plus près, cette exposition est peut-être, pour certain,  bien plus qu’un itinéraire artistique. Si la lumière claque dans la plus part des natures mortes  -  Comme une sorte de reconnaissance mystique du sujet, pourtant bien éphémère  -  L’obscurité teinte les œuvres de représentations humaines. La noirceur citoyenne, habillée avec chic. Il y a là, comme une pointe de fin du monde. Trop engoncés dans leurs statuts sociaux, nous avons l’impression (ce n’est pas qu’une perception) qu’Henri Fantin-Latour y a  plongé son pinceau, comme d’autres en cette seconde moitié du siècle actionnaient déjà l’obturateur photographique.

La bourgeoisie s’est figée dans une représentation académique qu’elle croyait définitive. Une sorte de sécurité pour d’au-delà.

Henri Fantin-Latour peint à la manière d’un romancier, dans la nuance des ombres surtout, peut de lumière, pour mieux ressentir se sentiment d’une fin du monde. Une modernité politique. Représentation de cette société bourgeoise qui n’en finit pas  de croire à la triste éternité des ses valeurs. Est-ce à dire que l’Artiste est un auteur polémique sous ses couverts mondain ? Non, naturellement. C’est sa transmission artistique qui nous révèle, à la manière de traces inconscientes, sont travail devient déterminant. C’est en cela que l’on reconnait un artiste. La capacité à traverser le siècle pour offrir aux générations futurs un questionnement sociétal sur notre avenir.

 

Dans la pénombre d’un  siècle finissant

Musée du Luxembourg

FANTIN-LATOUR

Jusqu’au 12 février 2017

 

Henri Fantin-Latour

Coin de table 1872

Huile sur toile : 161X223 cm

Paris, musée d’Orsay

© Rmn - Grand Palais.

Photo : Hervé Lewandowski

Catalogue de l’exposition : 35€

Rétrospective inédite à découvrir jusqu’au 12 février 2017.

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