Les souvenirs enfouis

Il y a de l’espoir en pagaille que l’on ne distingue plus. Que l’on refuse de voir, aveuglés par les guerres. De ces choses inscrites dans la mémoire collective et qui pourtant n’ont pas toujours été présente. D’autres veulent dans leurs modernismes balayer ce qui a été obtenu dans les plus grandes difficultés.

Il y a un goût de cerise qui fond dans la bouche, lorsque l’on feuillette le beau livre de photographies de France Demay consacré au Front Populaire, servit par le verbe de Didier Daeninckx.  On se dit que ceux qui pensent, qu’un revers de main suffit à gommer de l’histoire les rêves sociaux se mettent le doigt dans l’œil. La raison en simple l’intemporalité du désir humain.

Un parfum de bonheur !

Tout est décrit et les images nous le montrent. Cette indispensable joie humaine. Ce farniente mérité. On se la coule douce et cela fait du bien de se laisser glisser aux fils des jours.

Comme le temps passe… Comme il est étrange de se dire que ces photographies jauniront avec  l’Histoire, et qu’un jour peut-être (ne l’espérons pas) , au nom des cette République de comptables, de cette réalité économique, le rêve social s’évanouira !

70 photos qui nous parlent d’un présent éternel.

France Demay, ouvrier qualifié en mécanique de précision dans les années 30, s’arme de passion pour la photographie et le sport. Son Voigtländer en main, il photographie ces moments ou les hommes et femmes découvrent les congés et le sport. Bien plus que de simple clichés, c’est de la silhouette dont il s’agit aussi. La reconnaissance de son corps dans l’égalité citoyenne.  La beauté du corps oublié à l’égal de l’aristocrate. Le sport comme développement personnel. 36 est aussi cela.

Vivre !

Didier Daeninckx nous offre une fiction, un accompagnement en faisant intervenir son personnage Ginette Tiercelin et ses souvenirs qui conjuguent  aux photos présentées.

Le livre se lit et se regarde sans nostalgie autre que les sourires photographiés. Pas une personne fait la gueule.

Cela veut tout dire. A lire donc, à l’épuisement des yeux.

R    E    G    A    R    D    E    Z       L    E    S      H    O    M    M    E    S       D    A    N    S    E    R